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ANNA CHROMY
« Mythes d’Europe »
Place Vendôme
du 2 juin au 24 août 2005
Ces trente œuvres grandeur nature, en bronze et marbre, donnent lieu à la plus grande mise en scène théâtrale sculptée “en plein air”. Elles embrassent une grande partie des figures mythologiques ayant contribué à « structurer » notre inconscient collectif et individuel. Des personnages tels qu’Europe, Alcyoné, Chronos, Sisyphe, Orphée et Eurydice, Ulysse, Héraclès, les divinités fluviales de la Terre, Don Giovanni et autres personnages mozartiens qui, soumis aux brûlantes métamorphoses de l’imagination d’Anna Chromy, parviennent à traduire admirablement les sentiments et les conflits du monde dans lequel nous vivons.
Anna Chromy est convaincue que la revalorisation poétique des mythes de l’Europe pourrait faire partie d’une nouvelle élaboration collective apte à apaiser le «déficit symbolique» qui caractérise l’actuelle construction européenne. C’est pourquoi, elle revient s’abreuver aux sources d’une vie oubliée, afin de suggérer à des cultures aujourd’hui distantes, ou ayant perdu le souvenir de leurs racines les plus profondes, un sentiment de valeur pour une appartenance originelle commune.
Relations Presse :
Brigitte de Roquemaurel/Emilie Claudon
4, square de l’Alboni - 75016 Paris
Tél : 01 45 24 66 67 - Fax : 01 40 50 16 37
b.de-roquemaurel@wanadoo.fr
ANNA CHROMY
Son parcours
Sur les traces de Dalì
Née en Bohème, élevée en Autriche, Anna Chromy a d’abord été peintre avant de devenir sculpteur. Formée à l’école des Beaux Arts à Paris, elle impose rapidement son univers empreint d’onirisme voire de surréalisme. On pense à Leonor Fini. Elle cite Salvador Dalì comme son parrain en création. En 1979, elle rencontre d’ailleurs le maître. Il lui prédit une grande carrière. Lui qui ne croyait guère à la capacité des femmes à devenir de grands peintres lui fait le plus original des compliments : « Mais vous, vous n’êtes pas une femme ! » . Consécration de cette carrière picturale, elle est l’artiste sélectionnée pour réaliser la peinture officielle de l’Exposition Universelle de Séville en 1992. En 2003, elle reçoit à Prague, le prix Dali et la médaille Kafka.
Le choix du destin
En 1985, à l’âge de 45 ans, Anna Chromy est touchée par le destin. Elle tombe d’une terrasse, se casse le fémur en multiples morceaux. Les médecins n’envisagent pour elle que la chaise roulante. Elle se bat. Son mari, Wolfgang Stein, toujours à ses côtés, la soutient dans cette épreuve. Obligée de renoncer un temps à la peinture, elle a mis cette immobilisation forcée à profit pour réfléchir sur son art et a décidé de choisir la sculpture. Aujourd’hui, Anna marche et rattrape le temps perdu. Paradoxalement, elle est devenue l’une des rares femmes sculpteurs - ou sculpteur tout court – à travailler sur le mouvement- cette « mouvance immobile» (Philippe Cruysmmans- Le Figaro) – qui donne parfois à ses personnages une réalité presque dérangeante.
Des sculptures forgées par la vie
« Mes sculptures sont forgées par ma vie, » dit-elle. Une vie jonchée d’épreuves. Après la deuxième guerre mondiale, sa famille, obligée de quitter la Bohème, s’installe en Autriche. Anna a 5 ans. C’est un déchirement. Pourtant la petite fille connaît déjà sa voie : elle voudrait peindre comme « un joyeux Pierrot ». Et à ceux qui lui répondent que Pierrot n’est pas joyeux elle rétorque. « Mais moi je le serai ! »
Sa joie de vivre l’aide à dépasser d’autres obstacles : une tuberculose de jeunesse finalement soignée à Paris, de nombreux deuils familiaux et enfin l’accident…. Ses souffrances auront sans doute exacerbé cette sensibilité très présente dans son œuvre. « Les gens sur terre ne vivent pas ailleurs ; je les sens tout près de moi, avec leur vie, leurs sentiments, leur bonheur, leurs peines, leur misère, leur richesse » explique Anna.
Paradoxe encore : cette blonde très féminine – n’en déplaise au maître – a choisi la dureté du bronze et du marbre pour y couler ses rêves. A Pietrasanta, en Italie, véritable foyer d’artistes où Anna a installé son atelier, elle travaille en étroite collaboration avec les fondeurs et les artisans du marbre.
Et la musique….
Sans doute parce qu’elle est née dans ce triangle d’or entre Prague, Vienne et Salzbourg, Anna Chromy honore la musique sous toutes ses formes : ballet, opéra…. Ce n’est pas un hasard si son premier groupe de sculptures a pour thème l’opéra de Mozart, Don Juan, et si de nombreuses œuvres du sculpteur sont installées dans des lieux de représentation musicale comme l’opéra de Nuremberg ou le centre Von Karajan à Vienne. Anna Chromy travaille actuellement sur les décors et les costumes d’un ballet « Pietà for Butterfly » pour le prochain festival Puccini à Torre del Lago.
Une inspiration européenne
Pour Anna Chromy, exposer place Vendôme est symbolique à plus d’un titre.
« Pour la Française d’adoption que j’ai été, cela me rappelle mes années d’études à l’Académie de la Grande Chaumière. Pour l’étrangère que je suis, c’est l’une des plus belles places du monde. »
Parmi les nombreuses statues qui seront présentées sur la place, l’une s’appelle « Europe ». Là, Anna Chromy s’est appuyée sur le mythe de cette jeune nymphe dont Zeus s’éprend, dieu de l’Olympe, qui pour la séduire se transforme en taureau blanc avant de finalement offrir cette beauté à Astérion roi de Crète. L’influence baroque de son œuvre puise sa source dans cette « Mittel Europa » où elle est née. « Il y a quelque chose dans l’air que les révolutions en Europe de l’Est ont apporté. » C’est en Italie que l’artiste peaufine sa vision « en parlant à ses statues comme Michel-Ange » et aujourd’hui à Paris qu’elle expose.
Œuvres
Son abondante production a déjà été consacrée par des expositions de peinture personnelles ou de groupe dans le monde entier. Des commandes publiques honorent son travail de sculpteur, un peu partout en Europe, sans compter l’appréciation de nombreux collectionneurs privés.
Relations presse :
Brigitte de Roquemaurel – Tel : 01 45 24 66 67
ANNA CHROMY
«Mythes d’Europe»
Carla Arigoni, Commissaire de l’exposition Place Vendôme
du 2 juin au 24 août 2005
Quand j’ai découvert le travail d’Anna Chromy à Pietrasanta, lieu d’effervescence de création tel que l’on pouvait imaginer à Florence à l’époque des Médicis, j’ai eu envie de transmettre autour de moi ce moment d’émotion. Ses chanteurs, ses musiciens, ses mythes m’ont transporté. J’étais en quelque sorte invitée à une représentation de Don Giovanni.
J’aime cette simplicité sophistiquée d’Anna, ce figuratif très actuel et en même temps très innovateur. Ce besoin de faire comprendre, de communiquer vers le plus grand nombre, de dialoguer avec tous et peut-être tout simplement de faire rêver.
Anna Chromy s’est inspirée de son enfance en Bohème, de Mozart, de ses rencontres avec Dali et de ses dialogues imaginaires avec les dieux de l’Olympe. Ce mélange de baroque et de surréalisme lié au parcours d’Anna a donné une force incroyable à ses personnages. Ses sculptures nous parlent, leurs paroles et leurs expressions s’inscrivent dans le bronze. D’autres nous répondent dans le marbre.
Balayées, les formes incompréhensibles, les agglomérats de ferraille et les célébrations de la laideur, devant lesquels un public crédule a cru découvrir un renouvellement de l’art.
J’ai tout de suite compris que ses personnages étaient attendus Place Vendôme : cela me paraissait naturel que chacun d’entre eux y prenne place, le temps d’une exposition. Une trentaine d’œuvres en bronze et en marbre y seront présentées et, l’exposition est déjà attendue dans de nombreuses capitales européennes.
Actuellement, Anna Chromy travaille dans son atelier de Pietrasanta en Toscane et ses œuvres sont présentes dans les principales villes européennes.
Ainsi en Octobre dernier, la ville de Menton a inauguré son Ulysse sur l’esplanade du Bastion, face à la mer, dos à la montagne : « Il est un vrai symbole pour la ville, …. « Ulysse » est apparu hier soir, vers 17h30. Magnifique. Rendu encore plus éclatant par une pluie battante. Comme tout droit échappé d’une navigation hasardeuse et héroïque » (extrait Nice Matin du 15/10/04)
Merci Anna de remplir ces espaces que nous aimons tant avec ton élégance et ta poésie. Merci de nous redonner, pendant le temps de cette exposition, le sens du beau.
ANNA CHROMY
Ses œuvres exposées Place Vendôme
du 2 juin au 24 août 2005
Europe
Europe, née selon Hésiode « De la lignée des filles de l’Océan », séduit Zeus, dieu de l’Olympe, qui après s’être transformé en jeune taureau blanc pour la séduire la donnera en cadeau à Astérion, roi de Crète. Ici Zeus se métamorphose dans la forme d’une onde gigantesque en marbre blanc. Un globe de cristal flotte à la place de ses petites cornes. Ainsi représente-t-elle son Europe, sur la crête de cette vague. En bronze, telle une jeune surfeuse, elle tourne habilement son corps afin de danser sur le dos de la vague et d’être emportée jusqu’au rivage. Son beau visage semble marqué de nombreux malheurs, mais son sourire s’entrouvre sur une volonté déchirante de renaître. L’énergie d’un sourire peut-elle compenser la force aveugle ? Mythe complexe, des plus féconds, qui a alimenté et inspiré, à travers les siècles et jusqu’à nos jours, l’art européen, et qu’Anna Chromy réinterprète en polarisant son attention sur l’élément humain et féminin. A la femme, au potentiel salvateur de sa beauté, elle confie la tâche complexe de représenter l’humanité actuelle dans son cheminement incertain. Une humanité au féminin, sur toutes les gammes positives que ce terme a supposé sur le plan historique, et qui cherche encore à offrir une contribution véritable à la perte de tous les nihilismes.
2004, bronze, marbre et cristal, hauteur : 400 cm
Alcyone
Alcyone ira jusqu’à se jeter à l’eau pour sauver celui qu’elle aime, Céyx, fils d’Eosophoros, noyé dans une tempête. Ici dans un immense geste d’amour, Alcyone veut arracher son cher et tendre aux bras de la mort. Anna Chromy enrichit cette vision classique d’un élément dramatique qui rejoint notre réalité contemporaine : la dégradation écologique des océans. Céyx est la victime, le symbole du malheur qui nous menace. Il se noie parce qu’il reste accroché à l’immense chalut de fond qui dévaste les fonds marins. Les dieux attendris transforment cette épouse amoureuse en Alcyone, et Céyx en mouette.
2004, bronze, hauteur : 550 cm
Sisyphe
On imagine ici de le libérer, en donnant un sens à l’absurdité de son destin. En le convainquant de n’être plus seul. Dans l’imaginaire d’Anna Chromy, Sisyphe n’est plus seul mais entouré de sa femme, de l’enfant et ce qu’il pousse n’est plus un rocher mais la roue d’une civilisation compliquée qu’il doit utiliser pour mettre à l’abri ceux qu’il aime. Ce n’est plus une masse informe qu’il est contraint de soulever. Au centre, son épouse, absorbée, court. Elle semble suspendue à l’énigme qui caractérise leur condition. Et seul cet effort conscient permet à l’enfant ignorant d’être tiré dans leur sillage, tandis qu’il grandit et joue au cours d’une enfance devenue libre et innocente.
2004, bronze, hauteur : 280 cm
La danse des fils de Chronos
Deux moines danseurs virevoltent pour se soustraire à la tyrannie du temps, celle du dieu Chronos à laquelle nul n’échappe. Cette chorégraphie sans issue illustre aussi la violence du mythe : Uranus n’a-t-il pas dévoré ses fils par peur de les voir s’opposer à lui? Anna Chromy, pour exprimer le passage d’une journée ou la fin d’une vie, prend l’aspect d’une danse rituelle. Parce qu’on ne se débarrasse qu’en dansant du poids quotidien de l’existence. C’est alors le corps qui imprime le mouvement de sa représentation par une danse dont le rythme le parcourt. Un corps en équilibre dans l’air jusqu’à ce qu’il perde toute consistance réelle. Ne lui restent alors que les jambes pour danser, les bras pour invoquer, exulter ou hurler leur liberté.
2001, Moine danseur, bronze, hauteur : 175 cm
2001, Moine danseur, bronze, hauteur : 170 cm
Ulysse
Le voyage d’Ulysse a inspiré cette sculpture à l’artiste qui le représente cramponné à la roue du gouvernail dans la tempête. Il s’interroge sur son destin comme nous-mêmes pourrions le faire. L’Ulysse qu’Anna Chromy a modelé, répond de manière lucide à notre inquiétude postmoderne. Il apparaît dans son superbe corps de barreur danseur. Son pied gauche comme seul point d’appui sur la barre qui oscille. L’élégance se dégage de son être, même dans la tempête. Un rêche bandeau entoure sa tête. Il expérimente l’inconnu qui est en nous et y décèle une nouvelle forme de beauté.
2000, bronze, hauteur : 230 cm
Orphée et Eurydice
Anna Chromy interprète ici très expressivement l’instant tragique de la dernière faiblesse d’Orphée, et en rend visible les imprévisibles métamorphoses. Eurydice se dissipe dans la blancheur éclatante de la pierre, alors qu’il ne reste à Orphée que le sentiment vide d’un rêve. Le chant d’Orphée ne fait pas revenir à la vie sa tendre épouse Eurydice mais transforme cette dernière en gigantesque instrument de musique. Dans ce célèbre épisode de la mythologie grecque, revu et corrigé par Anna Chromy, seule la perfection d’une forme musicale pure sauve à jamais Eurydice.
2004, bronze, hauteur : 230 cm
Esprit Olympique
Hommage à Héraclès
S’opposer pour affirmer une nouvelle fois la pureté de la victoire. Tel est l’esprit olympique auquel Anna Chromy s’est attaché dans cette œuvre. Tel que cela se produit dans le défi qui, de génération en génération, anime la connaissance et le progrès de la vie. L’élan et la fragilité en caractérisent l’essor. Ces athlètes, acrobates, danseurs, emblèmes de ceux qui parviennent à affirmer de nouveaux records dans toutes les disciplines, montent les uns sur les autres, défiant le vide et la hauteur. Ils s’élancent vers le haut, ce qui donne lieu à une mélodieuse ascension. Ils inventent des symétries et dans leur vrille nous ramènent à notre structure la plus profonde : celle de l’ADN qui nous fait vivre. Celle qui transmet les données nécessaires au hasard de notre existence et nous permet de nous reproduire dans le mystère de l’univers.
2004, bronze, hauteur : 600 cm
La musique des fleuves de la terre
Les anciens considéraient les fleuves comme les dieux bénéfiques des régions qu’ils traversaient : Anna Chromy les représente comme les instruments de musique de la Terre, comme autant de musiciens-danseurs apparaissant le visage voilé derrière un rideau d’eau. L’idée d’exploiter le thème mythique des fleuves en tant que mode musical naît chez Anna Chromy de ses premiers souvenirs praguois. Comment ne pas associer l'image de la Moldave à la mélodie ayant su l’immortaliser ? Avec le temps, cette idée s’est enrichie d’autres raisons décisives. Son amour sans bornes pour la magie baroque des fontaines du Bernin. Et surtout son obsession du sort de la vie sur notre Planète, en cette époque de plus en plus menacée par un modèle de civilisation qui refuse toute perspective spirituelle.
Nil
2000, bronze, hauteur : 174 cm
Gange
1977, bronze, hauteur : 225 cm
Danube
1997, bronze, hauteur: 190 cm
Fleuve des Amazones
1997, bronze, hauteur: 170 cm
Mississipi
1997, bronze, hauteur : 205 cm
Guadalquivir-Carmen
1998, bronze, hauteur : 190 cm
Hommage au Don Juan de Mozart
C’est Prague, ville emblématique pour Anna Chromy, dans ce pays qui est aussi la patrie de sa mère, que Mozart compose l’ouverture de son Don Giovanni. En sculptant chaque personnage de cet opéra qui traverse les siècles, l’artiste se mesure au génie mozartien. Ainsi le Commandeur, emblème de son lourd manteau. Une pièce très étonnante notamment achetée par les villes de Salzbourg et de Prague. A Salzbourg, la statue est installée à l’entrée de la cathédrale, à Prague, elle trône devant l’opéra où la première de Don Juan fut donnée en 1789. L’écho de cette musique tragique traverse le temps : d’autres gouffres béants jonchent le sol du cœur de l’Europe, d’autres séductions collectives excellent misérablement. Depuis son enfance praguoise, Anna Chromy, en subit le sortilège; depuis qu’elle sculpte, elle ressent l’influence et l’obsession de devoir se mesurer à sa résonance.
Le commandeur- Pietà
1993, bronze, hauteur : 160 cm
Don Giovanni
1993, bronze, hauteur : 200 cm
Donna Anna
1993, bronze, hauteur: 180 cm
Donna Elvira
1993, bronze, hauteur : 210 cm
Zerlina
1994, bronze, hauteur: 180 cm
Leporello
1994, bronze, hauteur: 156 cm
Don Ottavio
1994, bronze, hauteur: 156 cm
Masetto
1993, bronze, hauteur: 170 cm
LE META(M)ORPHISME D’ANNA CHROMY
par le Professeur Cordoni
La sculpture d’Anna Chromy s’impose par le trait incomparable de son style où rayonne une charge spontanée d’énergie créative. Chacun de ses personnages est toujours le fruit d’une vision onirique, l’œil ouvert, généré par l’énigme de notre «moi» le plus profond, puisée dans les fantômes du rêve ou dans la nuit obscure de nos mythes. Cette énergie fait irruption sur la toile ou dans l’espace réel. Elle donne vie à un événement épiphanique, peint ou modelé, qui exprime avec anxiété, le sens de notre existence.
Comme dans la grande tradition théâtrale baroque, l’œuvre d’Anna Chromy se plie à une volonté divine, cachée par un masque. Ceci reflète la «métamorphose» de son élan vers un possible salut. Pour cela, Anna Chromy utilise les formes d’expressions dynamiques d’un nouveau baroque, élégant et dramatique en même temps. L’image d’un corps symbolique en devenir.
Métamorphisme «théodramatique», voilà la définition critique qui exprime le mieux l’esprit de cette grande mobilité plastique. De l’au-delà toujours flou et incertain de notre imaginaire collectif, elle évoque les mythes emblématiques de toute condition humaine (orphisme) et les projette vers une dimension autre (méta) qui nous dépasse et que cet art nous permet d’entrevoir. Le dévoilement du dynamisme théâtral de cette métamorphose se déroule, alors, à travers une suite sans fin d’oppositions sémantiques : présence/absence, évocation/invocation, être/précarité, plein/vide, consistance/inconsistance, musique/silence, danse/immobilité, nu/voilé, caché/révélé. Ainsi, chacun des personnages d’Anna Chromy métabolise l’angoisse d’une perte absurde à travers la puissance de la pitié et le prodige de la poésie.
Après s’être inspiré pendant un siècle principalement de cultures lointaines d’Afrique, d’Océanie et d’Asie, la sculpture retourne avec Anna Chromy aux sources de la civilisation européenne et occidentale. Mais ce n’est plus dans un style « statuaire » immobile et commémoratif, mais avec un concept où l’idée, l’énigme à raconter, à la même valeur que l’exécution de l’œuvre. Pour cette exécution, dans un style figuratif, compréhensible par tous, Anna Chromy utilise pour ses œuvres aérées et mobiles les ressources de la technique moderne, inaccessible aux anciens.
ANNA CHROMY, parmi les évènements les plus récents :
2004 :
La sculpture «Ulysse» a été installée par la Ville de Menton au Bastion
Le «Sisyphe» à la Scuola Superiore di Sant’Anna à Pise
La «Bella Elvira» au Palais de la Région Toscane à Florence
2003 :
La sculpture «Marionnette danseur» est commandée simultanément par le Museo del Parco et exposée sur le port de Portofino et par la ville de Pietrasanta en Toscane.
2002 :
Installation de la Fontaine des Musiciens à Prague, Sénovàzné Nàmesti.
«Cœur du Monde» pour Pape Jean Paul II à l’occasion de son 82ème anniversaire.
2001 :
Statue d’Herbert Von Karajan devant sa maison natale à Salzbourg.
«Ulysse» et les 4 constellations au Pontile di Forte dei Marmi, Toscane.
2000 :
Réalisation de plusieurs sculptures pour le centre Von Karajan à Vienne.
1999 :
Installation de «La Pietà», devant la cathédrale de Salzbourg.
À l’occasion du cinquantième anniversaire de son règne, le prince Rainier de Monaco a reçu des Amis de l’Opéra de Monte Carlo une «Carmen» d’Anna Chromy aujourd’hui dans les jardins privés du palais Grimaldi.
1995 :
Monument commémoratif de la ville de Roquebrune-Cap-Martin
1994 :
Anna Chromy réalise l’ensemble des personnages de l’opéra Don Giovanni de Mozart.
1993 :
Création du trophée «Equus» en Bavière
1992 :
Création de la peinture officielle de l’exposition Expo ’92 à Séville
1991 :
Création de toiles pour le «Prague Autumn festival»
La chronologie de l’ensemble des réalisations de l’artiste est sur le site Internet
www annachromy.com
C O M I T E V E N D Ô M E

La place Vendôme, lieu du pouvoir royal et impérial, du grand luxe et de la finance.
La place Vendôme, tour à tour, instrument du pouvoir royal et impérial, chef d’œuvre de l’architecture classique érigé par Jules Hardouin Mansart, fut inaugurée en 1699 et terminée en 1720.
Place d’Arme servant d’écrin à une monumentale statue du Roi Louis XIV, créée par François Girardon et fondue par Jean Baptiste Keller, elle doit son existence à Louvois, Ministre de la Guerre et Surintendant des Bâtiments du Roi, et sa réalisation finale aux grands financiers du Royaume. Ont travaillé à la réalisation extérieure et à la décoration intérieure de ses hôtels particuliers, tous les plus grands architectes et artistes de l’époque.
Baptisée à l’origine, « place des Conquêtes, elle porta de 1699, à la Révolution, le nom de « place Louis Le Grand » et ce n’est qu’il y a cent ans qu’elle prit le nom de place Vendôme, hérité de César, Duc de Vendôme, qui fut contraint de céder son terrain au Roi Louis XIV pour la construction de la prestigieuse place.
Tandis que sa parfaite ordonnance contribue, aujourd’hui encore, au rayonnement universel de la capitale parisienne, la colonne impériale, qui fut édifiée en 1806, sur ordre de Napoléon 1er, est le symbole de la tradition française, du luxe et des affaires internationales.
Un écrin propice à la sculpture
Succédant à des lustres de festivités, la place Vendôme, majestueuse galerie d’art à ciel ouvert, accueille, sur l’initiative du Comité Vendôme, depuis 1994, des expositions temporaires de sculptures monumentales d’artistes reconnus internationalement.
Anna Chromy, sculpteur tchèque, de renommée internationale, s’expose, place Vendôme
du 1er juin au 24 août 2005
Après Marino Marini (1994) Dali (1995), Ju Ming (1997), Dzamonja (1998), Derbré (2000), Strebelle (2001), Maurizio Toffoletti (du 20 janvier au 6 mars 2005) , Anna Chromy, sculpteur tchèque, expose, du 1er juin au 24 août 2005, sur cette place minérale et citadine, 30 sculptures monumentales en bronze patiné et ciselé et en marbre.
Née à Prague de parents tchèques, élevée en Autriche, Anna Chromy a été formée à la peinture et au dessin à l’Académie de la Grande Chaumière à Paris. Peintre confirmé, brisée momentanément par un accident, elle adopte, à l’age de 45 ans, la sculpture. Formée à Pietrasanta en Italie, la ville des fondeurs et des sculpteurs, elle partage aujourd’hui sa vie entre cette ravissante petite ville toscane et Cap Martin sur la côte d’Azur.
Entre Nice et Menton, à Forte dei Marmi, à Pise, à Prague et dans bien d’autres pays d’Europe, de nombreux monuments témoignent de son activité sculpturale.
« Férue de musique et de danse, de tout ce qui chante et de tout ce qui bouge », Anna Chromy emprunte à ces deux thèmes, nombre de ses personnages «prêts à jouer, sous nos yeux, les scènes de quelque opéra de Mozart, d’une commedia dell’arte exubérante et raffinée» et à la mythologie, les thèmes de ses autres sculptures tels « Europe », « Sisyphe », « Ulysse », « Orphée ».
Le Comité Vendôme
Le Comité Vendôme, association à but non lucratif fondée en 1936, regroupe les maisons et sociétés installées place Vendôme, rue de la Paix, rue de Castiglione, rue Saint-Honoré et dans les rues adjacentes des 1er et 2ème arrondissements.
Par la diversité de ses membres, le Comité Vendôme présente de multiples facettes : joailliers, horlogers de prestige, sociétés financières et de recrutement, grandes maisons de mode, grands hôtels, banques françaises et internationales, parfumeurs, etc….y adhèrent.
Présidé par un Comité directeur de 20 membres dont le président est Agnès Cromback, président-directeur général de la société Tiffany & Co., le Comité Vendôme s’est toujours attaché, à promouvoir et animer, de façon prestigieuse, ce quartier historique du cœur de Paris.
C’est à son initiative qu’ont commencé, à partir de 1994, les expositions sculptures, place Vendôme. Maintenant la vocation artistique de la place Vendôme, il invite tour à tour des sculpteurs de renommée internationale à venir s’exposer place Vendôme.
Bienvenue à Anna Chromy, place Vendôme !
Remerciements :
Le Comité Vendôme remercie la Mairie de Paris, la Préfecture de Police de Paris et Monsieur Jean-François Legaret, Maire du 1er arrondissement d’avoir contribué par leur soutien à la réalisation de cette exposition.
Association déclarée Loi du 1er juillet 1901
N° de SIRET 784 178 634 00043. Code APE / NAF 913 E
8, rue des Capucines 75002 PARIS. Tél. 01 42 61 13 89. Fax 01 42 61 49 64
Contact : Ariane Malavoy, Déléguée Générale.
Tel. : 01 42 61 13 89 - Fax : 01 42 61 49 64
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